Vidéo découverte dans la passionnante conférence d’Olivier Bosc à Sciences Po, “la culture à l’heure du numérique”.
La principale fonction du politique est d’imaginer le monde de demain. Proposer des perspectives, un modèle de société, une vision du pays à long terme ; dégager une vision du futur qui permette la cohérence des choix présents. Force est de constater que cette mission est souvent loin d’être remplie.
Lorsqu’un homme politique est candidat à une élection nationale majeure, il est nécessairement soumis à l’attention des médias – et, par là même, du peuple. On pense tout connaître de lui. Son programme politique, son idéologie, son histoire, sa famille, ses névroses… Tout est répété à l’identique, de journaux télévisés en news magazines. Mais il est rare qu’un homme politique se risque à se projeter dans le long terme (c’est-à-dire plus loin qu’un ou deux mandats), à préciser sa vision d’un futur idéal.
Pourquoi cette mission prospectiviste est-elle si mal remplie par la classe politique aujourd’hui en France ? L’exercice est, il est vrai, difficile. Se projeter dans l’avenir et imaginer notre pays à l’horizon 2030 ou 2040 nécessite un réel effort. Cela suppose surtout une foi en la politique : il faut être persuadé que l’action politique ait un effet sur le réel, que la volonté d’un gouvernant puisse changer concrètement les choses.
Une infinité d’éléments entravent ce pouvoir de l’homme politique. Des pans entiers de la vie quotidienne des citoyens échappent au champ du politique, étant régulés par des acteurs économiques, culturels ou religieux. De plus l’action politique est divisée, fractionnée entre des acteurs à des échelons divers. La commune, le département, la région, l’Etat, l’Europe… Difficile de trouver une unanimité entre ces entités dont les légitimités diffèrent et les compétences s’entremêlent.
Et pourtant, il me semble indispensable de garder cette foi en l’action publique. Pourquoi, sinon, se lancer en politique ? Pour le pur plaisir du pouvoir et des dorures républicaines, en sachant très bien que « tout cela ne sert à rien », qu’au final, « c’est l’économie qui décide » ?
Ma conviction profonde, c’est que la politique permet de faire changer les choses, pour peu que l’on ait une vision d’ensemble du modèle de société que l’on veut construire. Ce n’est pas en adoptant des mesures « ciblées » répondant aux besoins médiatiques du moment que l’on crée une politique durable et efficace. Cela suppose à l’inverse une forme de planification (le mot est historiquement connoté, mais c’est le plus approprié) de l’action publique pour atteindre l’idéal vers lequel on veut tendre. La politique éducative ne peut pas, par exemple, se penser séparément de la politique de l’emploi : c’est en proposant aux jeunes Français des formations de haut niveau que l’on parvient à la compétitivité du pays à long terme.
En guise d’exercice – et peut-être aussi de justification à mon engagement politique – je vais tâcher, dans les prochains jours, de vous présenter ma vision de ce que devrait être la France à l’horizon 2030-2040. Le risque évident est bien entendu de tomber dans un idéalisme béat (pas de chômage, pas de pauvreté, etc) ; j’essaierai de m’en écarter tant que possible.
Futurisme : vision du Gala de promotion Sciences Po, au terme de la 2981ème réforme de Richard Descoings ?
Le Monde : Amy envoie une lettre au “New York Times” où elle prédit la fin de l’ère littéraire : “Il fut un temps où les gens intelligents se servaient de la littérature pour réfléchir. Ce temps ne sera bientôt plus.” Est-ce votre avis ?
Philip Roth : Oui, je pense que, désormais, les gens qui lisent et écrivent sont une survivance, presque des fantômes. Certes, il y a encore quelques personnes qui lisent vraiment, mais elles sont rares. Lire ce n’est pas acheter des livres et tourner les pages. Lire demande une très singulière concentration. Alors il est plus facile de renoncer et de s’amuser avec tous les gadgets technologiques qui existent aujourd’hui, toutes les distractions auxquelles on peut avoir accès sur son ordinateur, son iPhone, etc.
| — | Entretien de Philip Roth au Monde :“Ceux qui lisent et écrivent sont une survivance”. |
De retour de mon pélerinage estival aux Etats-Unis, et pour bien recommencer l’année, je tenais à vous faire partager cette vidéo extrêmement classe (via Pénélope Jolicoeur). Merci à tous ceux qui suivent ce blog & à très vite pour une mise à jour plus régulière !
Ca se passe ici : CC n°2009-580 DC
“Considérant qu’aux termes de l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : ” La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ” ; qu’en l’état actuel des moyens de communication et eu égard au développement généralisé des services de communication au public en ligne ainsi qu’à l’importance prise par ces services pour la participation à la vie démocratique et l’expression des idées et des opinions, ce droit implique la liberté d’accéder à ces services”.
Internet reconnu comme faisant partie de la liberté d’expression, ou une prise en compte fondamentale de son impact sur nos sociétés.
(Chirac siégait au CC le jour de la décision, pas VGE).
Quelques commentaires très intéressants que j’ai pu lire :
- Melicour (ex-Versac) : Hadopi : quelques enseignements & l’hillarant décryptage du communiqué de presse victorieux de Christine Albanel.
- Maître Eolas : In Memoriam Hadopi

