Le péché mortel de Jean-Pierre Pernaut, mortel parce que réitéré, c’est sa sempiternelle défense du petit artisan, marin-pécheur de l’île de Bréhat ou fromage qui élève lui-même ses chèvres ; sa défense de la baguette à l’ancienne et du chablis sans pesticides. Ouh le méchant réac ! Les journalistes bien pensants n’ont pas de mots assez durs pour fustiger ce passéisme poujadiste, limite pétainiste (j’ai lu ce mot noir sur blanc). Je les connais bien, ces beaux esprits. Ce sont souvent des amis, intelligents, cultivés, érudits. Certains écrivent un livre. Un roman sur le vide ou un essai contre la vacuité de l’époque. Ils caressent un espoir secret : que ce bouquin trouve beaucoup d’acheteurs - tiens, pour une fois, ils ne vomissent pas le succès. Pour pouvoir enfin réaliser leur rêve secret : acheter à un pêcheur sa maison sur l’île de Bréhat. Et se régaler avec une bonne baguette à l’ancienne, un fromage de chèvres artisanal et un verre de chablis sans pesticides…
Avec “Pernaut tricard”, Philippe Vandel prend la défense de Jean-Pierre Pernaut dans La Parisienne (March 6th, 2010) (via c0wb0yz)
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